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N°6 - Tome 6, Chapitre 4 partie 3

Bien sûr. On gardera une part pour ta Maman et ton Papa, … mais qu’y a-t-il Riri ? Est-il arrivé quelque chose à Renka ?
Renka, la maman de Riri, était enceinte. Il lui était peut-être arrivé quelque chose ?
Assistance et soins attentifs étaient promis aux citoyens de la zone résidentielle de Chronospar une équipe médicale spécialisée pour prendre soin d’eux de la conception à l’accouchement. Au contraire des citoyens de Lost Town qui ne pouvaient que rêver de recevoir le même niveau de soin que Chronos. Le taux de mortalité des malades, des personnes âgées et des enfants n’avait rien à voir avec celui de Chronos.
Karan n’était pas mécontente de sa vie à Lost Town, mais souvent elle avait dû reconnaître qu’elle était tout en bas de l’échelle rigide que la cité avait créée.
Un frisson la parcourut.
Elle ne frissonna pas parce qu’elle se rendit compte qu’elle était tout en bas de l’échelle, mais parce qu’elle comprit la vérité du fait que des gens régnaient sur d’autres, que des gens en dominaient d’autres. Elle frissonna de n’avoir jusqu’à maintenant pas réalisé cette réalité.
Comment avait-elle pu être si inattentive ?
Riri secoua la tête. Ses fins cheveux couleur de lin s’envolant.
Ce n’est pas Maman. C’est Papa.
Getsuyaku-san ? Est-il arrivé quelque chose à ton Papa ?
Il est au travail, même si c’est le Jour Saint.
LeJour Saint, à N°6, était l’un des jours de fête les plus respecté. Bien sûr, les services de l’éducation et gouvernementaux, ainsi que presque tous les magasins et les entreprises étaient fermés. La majorité des citoyens se rassemblait sur l’esplanade devant l’hôtel de ville pour écouter religieusement le discours du maire, où l’on célébrait la naissance et la prospérité de N°6. Depuis l’année passée, la coercition avait progressé. En faisant passer les citoyens par les portes jusqu’à l’esplanade, la ville pouvait vérifier dans le détail qui avait ou n’avait pas participer à la cérémonie. Tout citoyens qui n’avait pas une raison qui entrait dans leurs critères était passé au peigne fin. On racontait que cela ressemblait presque à des interrogatoires.
Etrangement, Karan trouvait que cette ville devenait jour après jour de plus en plus étouffante. Toutefois, beaucoup de citoyens participaient à la cérémonie non parce qu’ils y étaient forcés, mais volontairement. Ils se réunissaient de leur propre volonté et agitaient des drapeaux dorés sur fond blanc.
De leur propre volonté… Était-ce vraiment le cas ?
Ma tante, la pâtisserie ?demanda Riri en clignant des yeux. Karan en tenait une dans sa main.
Oh, non. J’en ai abimé une, quel gâchis. Alors, Getsuyaku-san n’est pas en congé ?
Oui…
Même si la Fête était un grand événement, il y avait de gens qui travaillaient comme n’importe quel autre jour ou qui n’avait pas le choix que de travailler. Karan en faisait également partie. Si elle ne travaillait pas, il n’y aurait pas de nourriture. Les jours de célébration, les gâteaux et les pâtisseries se vendaient très bien. Pour le dire de manière vulgaire, l’argent coulait à flotces jours-là. Cette années, Karan avait l’intention d’utiliser cette raison pour ne pas participer. Sur sa demande de permission de non-participation, elle avait dû inscrire en détails toutes les informations sur son commerce depuis sa nature, en passant par ses ventes quotidiennes, le développement de son enseigne, jusqu’à une estimation des profits qu’elle ferait si elle ouvrait pendant les jours fériés. De plus, elle avait dû remettre en personne sa demande au guichet de la ville. Cela avait été pénible et cela aurait été plus commode de fermer et de participer, mais Karan avait choisi de ne pas le faire.
Je ne dois pas me laisser aller à la facilité.
Elle l’avait déjà fait. Elle avait négligé de s’entrainer à nager à contre-courant. Elle avait compris que se laisser aller affaiblissait son cœur. N’en avait-elle pas appris le résultat de la pire manière qui soit ?
On lui avait pris son fils.
On lui avait pris l’amie de son fils.
Ce qui lui était le plus précieux lui avait été enlevé soudainement et absurdement.
Karan ne se laisserait plus jamais aller à la facilité. Si elle renonçait, elle ne pourrait jamais plus regarder en face Shion ou Safu. Elle ne pourrait pas les prendre dans ses bras sans réserve une fois qu’ils serraient rentrés. Elle ne le supporterait pas.
Riri, tu te sens seule sans ton Papa ? Mais, il est obligé d’aller travailler.
Ce n’est pas cela. dit Riri en secouant encore la tête.
Maman aussi a dit que je devais m’y faire. Mais, ce n’est pas cela. Ma tante, parce que je viens vous aider, parce que je m’amuse, même si Papa n’est pas là, je ne me sens pas seule. Mes amis, quand je leur dis que je travaille dans une pâtisserie, tous, ils m’envient beaucoup ! ... C’est pourquoi, je ne me sens pas seule… Je suis juste inquiète.
A propos de ton Papa ?
Riri hocha la tête.
Pourquoi ? S’est-il passé quelque chose qui t’as inquiété ?
Il n’y a rien de particulier… Quand Papa part au travail, il me fait toujours un bisou sur la joue. Il dit que cela le rend heureux de me faire un bisou. Comme une sorte de porte-bonheur.
Oh, quel merveilleux Papa !
Oui, il est merveilleux. Mais aujourd’hui, il a oublié. Il est parti au travail sans me faire de bisou. Pendant que Maman et moi parlions dans la cuisine… il est parti sans dire au revoir.
Il était peut-être occupé.
Je ne sais pas. Il n’a pas beaucoup mangé au petit-déjeuner non plus. La moitié d’un bout de pain et seulement son café. Il soupirait aussi. Comme cela. Riri baissa les épaules et soupira.
Karan ressentie de l’amour pour elle.
Riri s’inquiétait pour son père à sa propre manière. Il avait peut-être des soucis, il était peut-être fatigué, mais Riri avait remarqué ces petits changements chez son beau-père, le compagnon de remariage de sa mère avec son regard perçant.
Quand Riri était toute petite, elle avait fait l’expérience de voir son père mourir devant elle. Sa gentillesse venait-elle de cette expérience ?
Riri…
Karan ressentie de l’amour pour cette petite âme.
Elle s’accroupit devant elle et caressa ses cheveux de lin.
Souris. Ton sourire est le porte-bonheur de ta Tante. Quand Riri a un visage triste, cela me rend triste aussi.
Ma tante… Aujourd’hui, Papa ne m’a pas fait de bisous, mais tout ira bien n’est-ce pas ? Kami-sama[1] va protéger Papa comme il faut, n’est-ce pas ?
Bien sûr. Je sais, quand ton Papa rentrera, tu pourras lui faire un bisou !
Oui ! Je ferais cela.
Alors, ouvrons le magasin. Peux-tu aligner les cravates sur le plateau et les mettre sur l’étagère ?
Chi-chi, entendit-elle.
C’est Monsieur la souris. Vous étiez encore là ?
Riri laissa échapper une exclamation ravie. Sous la table, la souris au pelage brun remuait son museau. Elle joignit ses deux pattes avant et agita la tête de bas en haut. Karan comprit tout de suite qu’elle leur disait au revoir.
Tu rentres auprès de ton maître.
Et auprès de mon fils.




[1] Riri parle de dieu, mais je ne sais pas si c’est le même que le nôtre alors je laisse tel quel.

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